Questions générales et doctrinales

  • Anjali Danjal « A Crisis of Consent in UN Peace Operations(le lien est externe) », The Global Observatory, août 2022. Dans cette note d’analyse, Anjali Dayal, professeure adjointe de politique internationale au département des sciences politiques de l’université Fordham, à New York, s’intéresse à la crise de consentement à laquelle sont confrontées les missions de maintien de la paix de l’ONU. Elle s’appuie en particulier sur les périodes de turbulences récentes de la MONUSCO et de la MINUSMA suite à l’effritement du consentement de l’Etat hôte et d’importantes manifestations civiles. Anjali Dayal met en lumière le besoin de reconfigurer les opérations de maintien de la paix afin qu’elles puissent mieux s’adapter aux exigences du terrain. L’objectif est d’assurer efficacement la protection des civils, mais également des contingents eux-mêmes. Anjali Dayal expose les deux composantes structurelles de la notion de consentement, l’un des principes préalables à la mise en place d’une opération de maintien de la paix. Premièrement, l’autrice rappelle que l’appareil étatique doit consentir à l’accueil des forces onusiennes, du fait de défaillances logistiques au niveau des services de sécurité. Elle rappelle que de ce fait les contingents onusiens ont une posture défensive en faveur d’une structure étatique qui lutte contre des groupes armés. Deuxièmement, la présence onusienne doit être acceptée par la population qui malgré les contingents déployés continue la plupart du temps à subir des exactions. Hors, une mission de maintien de la paix tournée vers les besoins sécuritaires de l’État crée un sentiment de distance avec les civils mettant en péril une paix précaire. In fine, l’autrice évoque l’importance d’obtenir le consentement tant de l’Etat que de la population. Pour ce faire, l’ONU dispose d’outils et de techniques pour encourager les efforts de consolidation de la paix au niveau local. Le fait de centrer ces outils et techniques sur l’établissement d’un consensus et d’un consentement autour de la présence de l’ONU dans les communautés locales devrait être un élément clé de chaque mission.
  • Christoph Harig, Nicole Jenne, “ Whose rules? Whose power? The Global South and the possibility to shape international peacekeeping norms through leadership appointments(le lien est externe)”, Cambridge University Press, juin 2022. Dans cet article Christoph Harig et Nicole Jenne analysent la manière dont les États du Sud peuvent influencer la mise en œuvre des normes sur le maintien de la paix à travers les nominations de dirigeants au sein des Nations unies. Pour cela, ils ont analysé le comportement des dirigeants par rapport aux préférences de politiques étrangères de leurs pays d’origine, en se focalisant sur le cas des commandants des forces militaires du Brésil, de l’Inde et du Rwanda. Ils soutiennent que les organisations internationales, dont les Nations unies, reflètent les configurations et les inégalités du pouvoir mondial. La surreprésentation des États du Nord aux postes exécutifs et de haut rang leur permet de façonner le processus décisionnel et les normes de gouvernance mondiale. Au contraire, le maintien de la paix des Nations unies offre une opportunité pour les États exclus de l’élaboration des normes de contester leur mise en œuvre. En effet, depuis les deux dernières décennies, le maintien de la paix est devenu plus coercitif. Les pays du Nord financent la majorité du maintien de la paix lorsque les pays du Sud sont les États qui contribuent à la majorité des troupes. Ainsi, par leur contribution, ils peuvent exiger une reconnaissance sous la forme de poste de direction, qui peuvent fournir une plus grande marge de manœuvre. Finalement, les auteurs soulignent que les pratiques des commandants de forces au regard de la position politique de leur pays d’origine étaient variables. Alors que dans le cas de l’Inde et du Rwanda, les dirigeants agissent selon les préférences de leur pays, les dirigeants du Brésil, au contraire, procèdent selon leur propre opinion. Ainsi, ils considèrent qu’une variété de facteurs influencent le rôle que jouent les dirigeants dans la mise en œuvre des normes internationales, des différences qui s’expliquent notamment en fonction des conditions de vie dans le pays hôte, des relations entre les civils et les militaires et du contexte dans lequel évoluent les forces armées dans le maintien de la paix.
  • Nina Wilén, « From « Peacekept » to « Peacekeeper »: Seeking International Status by Narrating New identities (le lien est externe)», Journal of Global Security Studies, Mai 2022. Nina Wilén a publié un article portant sur la manière dont les pays en situation de post-conflit contributeurs de troupes (PCTCC) tentent de faire évoluer leur statut international en transformant leur identité de « Peacekept » à « Peacekeeper » – c’est-à-dire en passant d’un statut de bénéficiaire d’une OP à celui de contributeur au maintien de la paix.. Comparant les parcours de deux PCTCC (le Burundi et le Rwanda), elle analyse les discours officiels à travers un cadre théorique qui combine la théorie de l’identité sociale et les approches narratives. Elle soutient que les PCTCC cherchent un statut et une nouvelle identité à travers la contribution au maintien de la paix, notamment pour mettre en avant leur souveraineté, mais également protéger leurs affaires intérieures de toute interférence. Néanmoins, pour réussir à obtenir ce statut, les récits doivent être cohérents et être co-constitués par d’autres acteurs internationaux.Finalement, elle affirme que plusieurs PCTCC se sont également créé une nouvelle identité par leur participation au maintien de la paix, avec parfois des tendances autoritaires, mais aussi dans un environnement politique démocratique comme la Sierra Leone. Une construction qui ne se limite pas aux États africains puisque d’autres pays tels que le Népal utilisent aussi ce statut comme levier sur la scène internationale.
  • Novosseloff Alexandra, « A Comparative study of older one-dimensional UN Peace Operations : Is the Future of UN Peacekeeping its Past ? (le lien est externe)», EPON, April 2022. Alexandra Novosselof rappelle que la Force de maintien de la paix des Nations unies à Chypre (UNFICYP) est un modèle de mission d’observation établie pour la première fois lors de la guerre froide. 5 des 12 opérations de maintien de la paix actuellement déployées trouvent leur origine à cette période, dans un contexte de rivalités au sein du Conseil de sécurité qui limitait le maintien de la paix de l’ONU à des missions de surveillance du cessez-le-feu et d’observations des conflits interétatiques. La similarité du contexte actuel amène donc l’autrice à examiner les caractéristiques communes de ce type de missions, puisqu’elles semblent être de nouveau privilégiées par le Conseil de sécurité (aucune nouvelle mission multidimensionnelle n’a été déployée depuis 2014). Ces missions, qu’elle qualifie « d’unidimensionnelles », ont un mandat limité à la gestion d’un conflit et non à sa résolution contrairement à des missions multidimensionnelles. Elles ont été mises en œuvre alors qu’un ou plusieurs membres permanents du Conseil de sécurité avaient un intérêt direct dans le résultat. Elles ont souvent permis de contenir les conflits en adaptant et en convenant des mécanismes visant à désamorcer les tensions, bien qu’elles ne permettent pas un rétablissement de la paix – sinon la protection des statu quo. Elles peuvent cependant être vues comme un mécanisme d’alerte précoce et participer à prévenir les conflits. Pour Novosselof, il est donc peut-être temps d’accorder plus d’attention aux forces interpositionnelles et aux missions d’observations. Affichant son désaccord avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, elle soutient qu’aucun type de mission, aussi bien unidimensionnelle, multidimensionnelle qu’une mission politique spéciale, ne peut répondre uniquement et parfaitement à l’ensemble des besoins.
  • Alexander Gilder, « The Role of UN Peace Operations in Countering Health Insecurity after COVID-19(le lien est externe) », Policy Insight, janvier 2022. Dans un contexte international marqué par la crise de la Covid-19, Alexander Gilder propose une analyse sur le rôle des opérations de paix (OP) dans la lutte contre l’insécurité sanitaire. L’auteur part du constat que les missions de maintien de la paix de l’ONU sont principalement axées sur l’insécurité définie comme une menace physique. Outre la nécessité de proposer une interprétation plus élargie de la notion d’insécurité, il soutient que les opérations de paix doivent obtenir des capacités supplémentaires pour soutenir les populations locales face à la montée d’autres menaces telles que les crises sanitaires. Il constate qu’en 2015, seules trois opérations de paix (MONUSCO, MINUSTA et UNAMID) bénéficiaient d’un mandat qui les autorisait à fournir directement des soins médicaux à la population. La plupart des OP doivent se contenter de faciliter l’accès aux acteurs humanitaires qui fournissent leur propre assistance. Pour l’auteur, la coopération avec l’État hôte ne peut se limiter aux actions militaires, un élargissement du mandat des OP permettant une consolidation de la paix plus durable. Concrètement, Il affirme que les OP doivent étendre leurs opérations en permettant aux casques bleus d’apporter une assistance sanitaire directe à la population dans les zones hostiles. Le mandat des missions pourrait également inclure l’aide à la reconstruction et au renforcement des institutions de santé publique. Il estime que soutenir les populations face à des menaces diverses, telles que la menace sanitaire, permet d’amorcer une consolidation de la paix par le bas, en tenant compte des besoins locaux. Finalement, il rappelle que l’assistance sanitaire des OP ne doit pas être limitée aux périodes de crise sanitaire, mais doit permettre de prévenir d’éventuelles crises à l’avenir.
  • Anjali Kaushlesh Dayal, Incredible Commitments: How UN Peacekeeping Failures Shape Peace Processes(le lien est externe)Cambridge University Press, octobre 2021. Anjali Kaushlesh Dayal examine les raisons qui ont permis au maintien de la paix de continuer à exister, malgré ses premiers échecs en Somalie, au Rwanda et dans les Balkans, et comment ce constat a façonné le rôle actuel des OP et les mécanismes sous-jacents au maintien de la paix. Elle fait valoir deux clés de compréhension fondatrices : premièrement, elle soutient que le rôle central de l’ONU dans le rétablissement et le maintien de la paix dans le monde entier signifie que les interventions de l’ONU ont des conséquences structurelles – ce que fait l’ONU dans un conflit peut changer les stratégies, les résultats et les options disponibles pour les parties à la négociation dans d’autres conflits. Deuxièmement, s’appuyant sur des entretiens, des recherches d’archives et des négociations de paix retracées par les processus au Rwanda et au Guatemala, l’auteur soutient que les parties belligérantes, notamment les groupes rebelles, se tournent vers l’ONU même lorsqu’elles ont peu confiance dans la capacité des soldats de la paix à respecter les accords de paix – et même peu d’intérêt réel pour la paix – parce que sa participation aux processus de négociation offre des avantages tactiques, symboliques et post-conflit vitaux et uniques que seule l’ONU peut offrir.
  • Daniel Forti, « Independent Reviews of UN Peace Operations: A Study of Politics and Practice(le lien est externe)« , IPI, octobre 2021. Cette publication de IPI note que les examens indépendants sont un outil de plus en plus populaire au sein des OP depuis leur création en 2017. Conçus pour évaluer rigoureusement l’orientation stratégique des OP, ce sont des processus complexes et hautement politiques. Cette publication se propose de réfléchir aux expériences des examens précédents pour améliorer leur qualité, leur impact et leur durabilité à l’avenir. Chaque examen indépendant dépend du mandat et du contexte spécifique de la mission associée, quoiqu’ils ont suivi une progression commune. L’auteur Daniel Forti révèle plusieurs dynamiques qui façonnent les expériences de l’ONU en matière d’examens indépendants : (1) L’indépendance est un concept relatif, (2)  Les États membres, les fonctionnaires du Secrétariat de l’ONU et les missions ont des intérêts divers et souvent contradictoires concernant les examens, (3) Les équipes d’examen doivent continuellement trouver un équilibre entre la flexibilité méthodologique et la recherche d’une plus grande normalisation, (4) Les examens indépendants doivent surmonter leur statut d’orphelin au sein de l’ONU pour avoir un impact avoir un impact durable et rentabiliser le temps et les ressources qui y sont investis.En fin de compte, les examens indépendants se sont avérés être outils précieux mais imparfaits. Pour améliorer la conception et la pratique des examens futurs, le rapport recommande aux Nations unies et aux équipes d’examen de codifier les examens indépendants dans la politique officielle de l’ONU, consolider les meilleures pratiques, clarifier les rôles et les attentes du personnel de l’ONU détaché auprès des équipes d’examen, privilégier la diversité dans la composition de ces équipes, et établir un flux de financement dédié. Les équipes d’examen indépendantes doivent mettre l’accent sur leur transparence et leur indépendance, et systématiser l’utilisation de méthodes et d’approches de recherche diverses.
  • Annika Hansen et Naomi Miyashita, « UN Peacekeeping Embraces the Digital World (le lien est externe)», IPI, septembre 2021. Dans cette publication Annika Hansen, et Naomi Miyashita reviennent ensemble  sur le lancement de la Stratégie pour la transformation numérique du maintien de la paix de l’ONU annoncé en août par le Secrétaire général de l’ONU. Les deux auteures questionnent les défis que représente la mise en place d’un tel programme, interrogeant d’une part la capacité des OP à adopter les nouvelles technologies et de l’autre, la volonté au sein des missions de désormais reconnaitre l’importance des technologies numériques en tant qu’instrument majeur pour le maintien de la paix. D’une mission à l’autre, cette prise de conscience technologique varie et face à ce constat, les auteures soulignent l’importance d’élaborer des approches spécifiques aux missions, en s’appuyant sur les réalisations déjà effectuées pour faire le bilan des urgences majeures et évaluer quelle transformation numérique pourrait être bénéfique.
  • Elliot Mur, « Resolution 2535: Recognizing the capacity and strength of including young people in peacekeeping efforts(le lien est externe) », UN Peacekeeping, août 2021. Elliot Mur, fait l’état de la résolution 2535 adoptée à l’unanimité au Conseil de sécurité de l’ONU en 2020 ainsi que de la mise en œuvre complète de l’Agenda Jeunesse, paix et sécurité dans les OP. L’auteur met en avant la motivation des jeunes désireux de participer aux initiatives de paix et l’importance de leur permettre d’agir grâce à leurs capacités. En effet, la jeunesse représente une catégorie démographique essentielle à prendre en considération au sein du travail des OP. Elliot Mur attire notre attention sur la vulnérabilité de la jeunesse, plus susceptibles d’être manipulée et utilisée dans des conflits intercommunautaires violents, d’où l’importance de prendre en considération les jeunes et de s’engager auprès d’eux pour clarifier le rôle des missions. Les OP continuent à mener des actions de sensibilisation et à trouver des moyens nouveaux et innovants pour que les jeunes s’impliquent dans la prévention et la résolution des conflits afin de développer une paix durable. La réalisation d’ateliers, l’information sur le mandat et l’organisation d’événements ne sont que quelques-unes des façons d’amener les jeunes à participer à une conversation pour la stabilité de leur pays.
  •  Daniel Levine-Spound, « Systèmes d’alerte précoce et de réponse rapide: quelle mise en œuvre par les opérations de maintien de la paix de l’ONU ?(le lien est externe) », Center For Civilians in Conflict (CIVIC), août 2021.  Au cours des cinq dernières années, le Center for Civilians in Conflict (CIVIC) a mené des recherches de terrain au sein de quatre missions (MINUSCA, MINUSMA, MONUSCO et MINUSS) portant sur les mécanismes d’alerte précoce et de réponse rapide, d’une importance capitale pour permettre aux OP de prévenir et réduire les menaces de court, moyen ou long terme à l’encontre des civils.Cette étude, menée par Daniel Levine-Spound, souligne que la réalité du terrain rend parfois extrêmement difficile la tâche d’identifier les menaces afin de planifier une réponse et la concrétiser. Face à ce constat, le rapport attire l’attention sur un certain nombre de limites et identifie différentes manières, processus, pratiques et outils nécessaires afin de renforcer les politiques et pratiques des OP en matière d’alerte précoce et de réponse rapide. Parmi elles figurent la nécessité de mettre en place un engagement efficace avec les communautés menacées tels qu’une coopération avec des organes civils de protection et d’alerte précoce, comme par exemple les réseaux d’alerte communautaire (CAN). De plus, le rapport met en avant l’importance de la mobilité, notamment pour garantir les moyens aériens nécessaires à la collecte des informations sur les menaces qui pèsent sur les civils. L’étude attire aussi l’attention sur la question du genre et sur la façon dont cette problématique doit être prise en compte à chaque étape du processus d’alerte précoce et de réponse rapide, allant de la collecte de données à l’élaboration des réponses. Force est de constater que le lien entre l’évaluation et l’analyse des menaces d’une part, et la planification et la prise de décision d’autre part, sont à améliorer au sein des OP.
  • John Karlsrud, « Future of UN Peace Operations: UN Support Offices to Regional Counterterrorism Operations?(le lien est externe)« , IPI, juillet 2021. John Karlsrud s’interroge sur une possible option d’évolution future pour les opérations de paix des Nations unies : la création de bureaux onusiens de soutien aux opérations régionales de contreterrorisme. Karlsrud part du cas du Mali, où le Conseil de sécurité des Nations unies a donné son aval à un soutien logistique au G5 Sahel. Ce soutien passe actuellement par la MINUSMA, mais plusieurs alliés du G5 estiment qu’une autre structure pourrait être mise en place : un bureau de soutien des Nations unies, indépendant donc de la MINUSMA et surtout bénéficiaire de son propre budget. Si une telle option n’a pas obtenu assez de soutiens au sein du Conseil de sécurité, le débat est lancé. Les membres du Conseil ont demandé un rapport au secrétaire général, pour septembre 2021, visant à examiner toutes les options possibles, bilatérales et multilatérales pour soutenir cette alliance régionale. Pour Karlsrud, l’option de créer un bureau autonome et dédié au soutien au G5 aurait le mérite d’apporter une stabilité organisationnelle et logistique à l’opération ; mais viendrait en même temps éroder la capacité de l’ONU à se présenter comme un acteur impartial sur le terrain. Karlsrud prend position en faveur de la création d’un tel bureau, et ce malgré le scepticisme des États-Unis, plus gros pays financeur des OP. Il estime que la capacité onusienne de soutien à des opérations complexes dans des endroits difficiles reste inégalée. Pour lui, ces missions de soutien de l’ONU pourraient être établies pour soutenir des coalitions ad hoc dans des zones où le Conseil est peu enclin à déployer des casques bleus via un mandat plus musclé. Elles s’inscriraient cependant dans une approche purement stabilisatrice des OP, au détriment de l’approche actuelle qui favorise également les droits humains et la démocratisation.
  • Jaïr van der Lijn, « Scenarios for the Future of Peace Operations(le lien est externe) », IPI Global Observatory, mai 2021. Jaïr van der Lijn développe quatre scénarios : multilatéral, multipolaire, fragmentation ou réseau. Le moment, la durée, le lieu, le but et la manière dont les OP sont déployées et par qui, dépendent de la manière dont la sécurité internationale est conçue dans chaque scénario. Elle déterminera le rôle que joueront les Nations unies, les normes qui dirigeront les OP et le caractère des missions déployées. Contrairement aux stratégies fondées sur des attentes ou aux prévisions extrapolant sur les expériences récentes, ces scénarios explorent des ruptures de tendance aidant ainsi à mieux se préparer à l’inattendu. En examinant ce qui est nécessaire pour chaque scénario, il est possible de réfléchir à diverses options stratégiques et d’élaborer un plan global qui augmentera la flexibilité organisationnelle de l’ONU et lui permettra de se préparer au futur.
  • Kari M. Osland & Mateja Peter, « UN peace operations in a multipolar order: Building peace through the rule of law and bottom-up approaches(le lien est externe)« , Contemporary Security Policy, mars 2021. Kari M. Osland, et Mateja Peter constatent que les OP font face à une diminution des ressources pour financer les missions multilatérales, une concurrence continue entre les puissances mondiales et régionales et un consensus moindre sur l’agenda normatif libéral élargi, qui rendent difficile la mobilisation du soutien d’un grand nombre de pays membres de l’ONU. Ils estiment que les opérations de maintien de la paix de l’ONU doivent mieux prendre en compte la nature transfrontalière des facteurs de conflit et le caractère multipolaire de l’ordre global. Ils appellent à mettre de côté l’approche actuelle de stabilisation, mais aussi à abandonner la poursuite de la consolidation de la paix libérale de l’ère unipolaire. Pour ce faire, les OP doivent donner la priorité au respect de l’État de droit, en mettant l’accent sur la responsabilité et la transparence des institutions de l’État hôte, et aux approches ascendantes et participatives (de type « bottom-up »). Elles pourraient aussi intégrer un programme de consolidation de la paix plus substantiel avec un potentiel de transformation des conflits. Pour Osland et Peter, il faut mettre fin à l’ère de la consolidation de la paix libérale au profit d’une ère du pragmatisme.
  • Cedric de Coning, “The future of UN peace operations: Principled adaptation through phases of contraction, moderation, and renewal(le lien est externe)”, Contemporary Security Policy, mars 2021. Dans cet article, Cedric de Coning envisage l’avenir des missions de paix à travers le prisme de la théorie de la complexité. Selon lui, les OP vont évoluer selon une phase de réduction à court terme (dans les 5 prochaines années), puis de modération à moyen terme (entre les 5 et 15 prochaines années) et enfin d’ajustement à long terme (au-delà de 15 ans). À court terme, la récession économique découlant des conséquences de la pandémie de coronavirus et des retombées de la présidence Trump impliquera probablement une réduction importante du budget du maintien de la paix. À moyen terme, les OP sont susceptibles de traverser une phase d’incertitude et de turbulence due à un ordre mondial en transition. Pour de Coning, cette phase sera une phase de modération car peu d’espace politique sera disponible pour de nouveaux développements doctrinaux significatifs ou pour des OP ambitieuses. À plus long terme, si le maintien de la paix doit s’adapter à un nouvel ordre mondial multipolaire caractérisé par la coexistence, alors l’ONU et les OP auront un rôle majeur à jouer pour la promotion, la consolidation, la stabilisation et le maintien de ce système international. De Coning affirme que les OP ont fait preuve d’une capacité remarquable de résilience pour s’adapter continuellement aux nouveaux défis lors des 70 dernières années. Pour lui, si elles adoptent une approche pragmatique qui leur permet de s’adapter aux réalités du moment tout en restant fidèle à leur forme et identité fondamentale, alors les OP resteront alors probablement un des symboles les plus visibles de la gouvernance mondiale et de la coopération internationale.
  • Namie Di Razza, « Mental Health in UN Peace Operations: Addressing Stress, Trauma, and PTSD among Field Personnel(le lien est externe)« , International Peace Institute, décembre 2020. Namie Di Razza examine dans cette étude la prévalence du SSPT (syndrome de stress post-traumatique), du stress et d’autres problèmes de santé mentale parmi le personnel militaire, policier et civil déployés au sein des opérations de paix de l’ONU. Constatant que les problèmes de santé mentale sont fréquents parmi ces personnels, elle analyse les différents types de facteurs de stress et les facteurs psychologiques qui les affectent, tels que l’environnement immédiat, la nature du travail de maintien de la paix et la pression bureaucratique imposée par le système onusien. Elle analyse ensuite les défis à relever dans les domaines politiques et institutionnels afin de permettre une meilleure prise en compte de ces besoins de santé, soulignant notamment les difficultés de mise en œuvre de la Stratégie pour la santé mentale et le bien-être au travail de 2018. Elle conclut son étude par une série de recommandations afin que l’ONU assure au mieux son devoir de prise en charge de la santé mentale du personnel de terrain : améliorer la visibilité des enjeux de santé mentale au sein des opérations de paix, apporter plus de soutien en amont des déploiements, renforcer le soutien proposé pendant les déploiements et maintenir un soutien à disposition au-delà du déploiement.
  • A. Boutellis, D. Mechoulan, M.J. Zahar, « Parallel Tracks or Connected Pieces? : UN Peace Operations, Local Mediation, and Peace Processes(le lien est externe)« , IPI, décembre 2020. À l’heure de la « glocalisation » des conflits, les processus de médiation Track-1 peinent à apporter des solutions inclusives qui répondent pleinement à des conflits fragmentés et multiples. Dans ce nouveau rapport IPI, les trois auteurs constatent que l’ONU a accru ses efforts de médiation au niveau local, y compris dans le cadre des opérations de paix. S’appuyant sur une série d’études de cas par pays, notamment au Mali avec la MINUSMA et en République centrafricaine avec la MINUSCA, il se pose la question de savoir si, quand, où et comment les Nations unies peuvent s’engager dans des initiatives de médiation locale. Il préconise que les missions envisagent cette possibilité au cas par cas, en gardant à l’esprit l’importance d’une résolution durable des conflits à plus long terme. Dans chaque cas, elles devraient adapter leur rôle sur la base de décisions stratégiques éclairées et de partenariats appropriés et dans le cadre d’un effort plus large visant à renforcer et favoriser une plus grande cohérence des processus de paix nationaux.
  • Aditi Gorur et Madeline Vellturo, « Prioritization and Sequencing by Peacekeepers: Leading from the Field(le lien est externe)« , Stimson center, novembre 2020. Dans ce nouveau rapport, Aditi Gorur et Madeline Vellturo, du Stimson Center, examinent comment les missions de maintien de la paix peuvent faire progresser l’établissement des priorités et des séquences sur le terrain. Leur étude s’appuie sur des données recueillies au sein de cinq missions de la paix : au Darfour, en RDC, au Soudan du Sud, au Mali et en République centrafricaine. Le rapport identifie une série de bonnes pratiques, telles que l’établissement des priorités via un processus collaboratif et l’alignement des priorités locales et nationales. Il pointe le décalage entre le débat régulier autour de la priorisation et du séquençage au sein des missions depuis le rapport Brahimi et le manque de progrès de leur mise en place effective sur le terrain. Une des raisons de cette lacune serait le manque d’implication des hauts-gradés au sein des missions selon les conclusions des deux chercheurs.
  • Naomi Miyashita, « Reflections on the future of peacekeeping operations(le lien est externe)« , IPI Global Observatory, octobre 2020. Naomi Miyashita, estime que plusieurs défis s’annoncent pour les OP. La crise de la Covid-19 fait craindre une pression croissante sur les budgets et sur les attentes de résultats, dans un contexte de multiplication des facteurs de conflits. À cet égard, le futur des OP est intrinsèquement lié à celui de l’ONU en tant qu’organisation, et à sa capacité à consolider sa légitimité. Pour Miyashita, le pilier paix et sécurité de l’ONU doit renforcer le lien entre ses efforts de prévention et son rôle d’opérateur de terrain. Elle plaide en faveur d’opérations de paix « pleinement flexibles » et au plus près des circonstances et des besoins. Elle soutient également l’approfondissement des liens avec les organisations régionales ainsi que le développement de l’usage des nouvelles technologies numériques. Elle appelle également les OP à aider à construire des sociétés plus inclusives et plus égalitaires, et à donner la priorité aux mutations économiques et sociales profondes de long terme, plutôt qu’à des compromis à la stabilité toute relative.
  • A. Walter Dorn et Robin Collins, « Peacekeeping works: The UN can help end civil wars(le lien est externe)« , International Journal, mai 2020. L’International Journal a publié un article remettant en question « certaines critiques injustes » sur l’évaluation du succès du maintien de la paix. Il vise notamment à démentir le récent article de Séverine Autesserre : « The crisis of peacekeeping: Why the UN can’t end wars ». Et plus particulièrement deux arguments selon lesquels l’ONU se concentre essentiellement sur les processus électoraux et néglige les approches « bottom-up » et le dialogue avec les communautés locales : « Cette approche multiniveaux est ce que les Nations unies font aujourd’hui, avec leurs mandats de protection des civils et leurs stratégies d’inclusion des principaux dirigeants, en recherchant le consentement local chaque fois que cela est possible ». Et les auteurs de conclure que « Nous sommes tout à fait d’accord avec Séverine Autesserre pour dire que les opérations de l’ONU ont besoin de plus de fonds. Mais l’organisation mondiale, bien qu’elle se batte pour atteindre des objectifs difficiles, au prix de la vie et des membres des soldats de la paix, poursuit une approche équilibrée, et elle est bien meilleure pour mettre fin aux guerres que certains pourraient le penser ».
  • Cedric de Coning et Linnéa Gelot, « Placing People at the Center of UN Peace Operations(le lien est externe)« , IPI, mai 2020. Selon l’article du chercheur Cedric de Coning écrit en collaboration avec Linnéa Gelot, et consacré à la place de l’humain dans les OP, les mandats des OP des Nations unies sont principalement centrés sur le soutien au gouvernement et aux institutions des États hôtes. Or, en s’intéressant davantage aux acteurs de la société civile dans la planification des opérations de paix et de l’évaluation de leurs performances, les OP seraient « plus ancrées localement et plus efficaces ». Placer l’humain au cœur des mandats des OP aurait trois implications majeures. Premièrement, un meilleur équilibre entre l’État et la population renforcera l’efficacité des missions et permettra d’éviter qu’elles ne soient victimes de la captation des instances décisionnelles par l’élite. Deuxièmement, cela contribuerait à la restauration de la confiance des populations en leurs gouvernants. Troisièmement, centrer les opérations sur les personnes modifiera la façon dont l’efficacité d’une opération de paix est évaluée : « L’efficacité sera mesurée par l’impact que l’opération a sur la vie quotidienne des personnes qu’elle est censée protéger et soutenir ».
  • Cedric de Coning, « Examining the Longer-Term Effects of COVID-19 on UN Peacekeeping Operations(le lien est externe)« , IPI, mai 2020. Dans cet article, Cedric de Coning traite de l’impact à long-terme du COVID-19 sur le maintien de la paix. Selon lui, certaines des nouvelles pratiques imposées par la pandémie seront probablement plus durables que d’autres. Il fait notamment référence aux approches plus « essentialiste de l’exécution des mandats » et à la flexibilité de la planification et de la gestion des missions. Toujours selon l’article, la perturbation la plus grave du maintien de la paix sera probablement causée par la récession économique globale, qui vient par ailleurs s’ajouter à la récente crise des liquidités de l’ONU. En effet, alors que la crise financière de 2008 avait réduit les fonds de maintien de la paix de l’ONU d’environ 20 %, la pandémie COVID-19 pourrait les réduire de 30 à 50 %. De plus, concernant le gel des rotations imposé par le contexte sanitaire, l’auteur rappelle que « toutes les nouvelles troupes en rotation seront mises en quatorzaine, posant alors un défi logistique ». Cela implique que certains bataillons ne pourront pas être opérationnels pendant cette période, ce qui risque d’augmenter la charge de travail des autres contingents. Enfin, l’article aborde la question du télétravail et de la digitalisation du travail de l’ONU : « La quasi-totalité des travaux se font désormais par voie électronique, y compris par vidéoconférence, ce qui a obligé les Nations unies à adopter ou à accélérer la mise en œuvre des processus d’approbation numérique et des processus connexes. Cela permettra de moderniser la façon dont les Nations unies utilisent certaines fonctions civiles à l’avenir ».
  • Corinne Bara, « Shifting targets: the effect of peacekeeping on postwar violence(le lien est externe)« , European Journal of International Relations, mars 2020. Cet article s’intéresse à l’impact des Casques bleus sur la violence post-conflit. Selon ce dernier, les recherches existantes montrent que la paix post-conflit est plus durable en présence de soldats de la paix. L’auteur soutient que les incidences du maintien de la paix sur ce type de violence dépend de la capacité de l’État hôte à assurer la protection de sa population, en d’autre termes, « de la mesure dans laquelle [les Casques bleus] comblent un vide en matière de sécurité publique ». Plus particulièrement, grâce aux collectes de données réalisées dans le cadre de cette étude, l’auteur constate que, de manière générale, seule la police des Nations unies atténue la violence d’après-guerre de manière significative. Cela est en partie dû au fait que les contingents militaires concentrent leurs efforts sur le risque que représentent les anciens combattants au conflit (pour des raisons de mandats ou de capacité), alors que la majorité des violences post-conflit sont causées par d’autres groupes armés.
  • Corinne Bara & Lisa Hultman, « Just Different Hats? Comparing UN and Non-UN Peacekeeping(le lien est externe)« , International Peacekeeping, mars 2020. L’International peacekeeping s’intéressait aux différences entre les Casques bleus onusiens et les soldats de la paix non-onusiens, en souhaitant pallier l’insuffisance de connaissances relatives à l’efficacité des missions non-onusiennes (notamment de l’Union africaine) sur l’atténuation de la violence dans les conflits. Les deux auteures regrettent la trop grande attention portée à l’évaluation de l’efficacité des OP onusiennes, comparativement à celle des OP non-onusiennes. C’est pour cette raison que cet article analyse les données mensuelles relatives au nombre des troupes, de policiers et d’observateurs dans les OP onusiennes et celles d’autres organisations entre 1993 et 2016. Grâce à ces données, elles démontrent que les deux types d’opérations parviennent à limiter la violence commise par les États de manière égale, mais que les Casques et bérets bleus onusiens parviennent davantage à freiner les attaques commises par des acteurs non-étatiques contre des civils (la raison de la taille des missions est avancée). L’article apporte également quelques nuances, à savoir qu’en moyenne, l’ONU se déploie dans des conflits plus violents que les acteurs non-onusiens. Cependant, dans les situations où les deux types d’acteurs interviennent dans le même conflit, l’acteur non-onusien est souvent le primo intervenant.
  • Adam C. Day et Charles T. Hunt, « UN Stabilisation Operations and the Problem of Non-Linear Change: A Relational Approach to Intervening in Governance Ecosystems(le lien est externe)« ,  International Journal of Security and Development, mars 2020. Cette article s’intéresse au rôle des OP dans la phase de stabilisation et son approche stato-centrée. Selon l’article, l’ONU s’est tournée ces dix dernières années vers des logiques de stabilisation, en se concentrant sur l’extension de l’autorité de l’État dans les zones de conflits. Cependant, cette approche binaire (acteurs formels/informels, activités licites/illicites, espace gouverné/non gouverné) pourrait fausser les « relations de pouvoirs beaucoup plus complexes dans les situations de conflits » et ignorer d’autres formes de gouvernance locale légitimes. Les auteurs proposent ainsi une approche hybride et relationnelle de l’ordre sociopolitique, dans les zones où les formes de gouvernance non-étatiques jouent souvent un rôle important et légitime.
  • Arthur Boutellis, « Will Peacekeeping Weather the Crisis of Multilateralism?(le lien est externe)« , IPI, janvier 2020. Selon l’article, le multilatéralisme poserait plusieurs lignes de failles à l’outil onusien, tant sur le plan du financement que des principes directeurs. D’abord, la première ligne de faille se situe au niveau des P5 (Conseil de sécurité), et plus particulièrement autour de l’opposition Chine/Russie (P2) d’un côté et France, Royaume-Uni et États-Unis (P3) de l’autre. D’autres oppositions sont apparues entre la France et les États-Unis concernant le coût des OP (MINUSMA, MONUSCO, MINUSMA). Une autre faille grandissante concerne le financement des opérations de l’Union africaine. Une dernière faille concerne les principes directeurs du maintien de la paix, notamment sur la question de l’inclusion des considérations de genre et de droits humains au sein des mandats des OP. Selon l’auteur, deux clans auraient émergé : d’un côté, le P3, aux côtés de certains pays hôtes et certains pays fournisseurs de contingents africains a poussé vers des opérations de maintien de la paix plus « robustes ». De l’autre côté, la Chine et la Russie, avec un certain nombre d’autres pays fournisseurs de contingents, défendent un retour aux « principes et approches fondamentales qui correspondent davantage à la souveraineté nationale et au développement de l’État hôte, faisant valoir que le maintien de la paix est devenu trop sollicité avec trop de tâches mandatées », notamment sur les questions transversales telles que le genre et les droits humains.
  • Cedric de Coning, « How UN Peacekeeping Operations Can Adapt to a New Multipolar World Order(le lien est externe)« , International Peacekeeping, octobre 2019. Dans cette publication, Cedric de Coning s’interroge sur l’impact de la nouvelle donne géopolitique mondiale sur le maintien de la paix. Il souhaite en effet savoir comment les OMP onusiennes s’adaptent au nouvel ordre mondial multipolaire. Selon lui, les OMP ont fait preuve d’une « remarquable capacité d’adaptation » aux nouveaux défis au cours des 70 dernières années. En effet, ce rabattement de cartes a conduit à des réformes globales des structures de gestion, de développement et de paix et de sécurité de l’ONU, ainsi qu’à l’augmentation de l’attention portée sur la prévention et les solutions politiques. Toujours selon l’auteur, cela signifie que le maintien de la paix de l’ONU restera probablement l’entreprise phare de l’ONU.
  • John Karlsrud, Yf Reykers, « Multinational Rapid Response Mechanisms: From Institutional Proliferation to Institutional Exploitation(le lien est externe)« , Global Institutions, janvier 2019. Cet ouvrage s’adresse aux universitaires et aux étudiants en matière de consolidation et de maintien de la paix, de légitimité et de relations internationales. Le bilan des mécanismes militaires d’intervention rapide, des troupes en attente, prêtes à être déployées en cas de crise dans un court laps de temps par les organisations intergouvernementales, reste décevant. Pourtant, nombre des obstacles auxquels se heurtent les acteurs multinationaux pour lancer une riposte militaire rapide et efficace en temps de crise sont largement similaires. Cet ouvrage est la première contribution exhaustive et comparative à explorer et à identifier les facteurs clés qui entravent et permettent le développement et le déploiement de mécanismes multinationaux de réponse rapide. En examinant les leçons tirées des déploiements de l’UA, de l’UE, de l’OTAN et de l’ONU en République centrafricaine, au Mali et dans la Corne de l’Afrique, les auteurs se concentrent sur les questions suivantes : Y a-t-il eu une réponse rapide aux crises ? Par qui ? Dans la négative, quels ont été les principaux obstacles à une réaction rapide ? La concurrence inter-organisationnelle a-t-elle entravé la réactivité ? Ou l’a-t-elle au contraire facilité ? Pour répondre à ces questions l’ouvrage entend rassembler des chercheurs de premier plan travaillant dans ce domaine et ainsi offrir une occasion d’analyser et d’élaborer des leçons à l’intention des décideurs et des théoriciens des relations inter-organisationnelles. Les intentions de l’ouvrage recoupent des recommandations clés de certains textes fondateurs sur l’amélioration des délais de réaction face aux situations d’urgence, tels que le rapport Brahimi, l’Action pour le maintien de la paix et le rapport HIPPO.
  • Séverine Autesserre, « The Crisis of Peacekeeping : Why the UN Can’t End Wars(le lien est externe)« , Foreign Affairs, février 2019. Dans cet article, Séverine Autesserre analyse les raisons pour lesquelles les Casques bleus ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs fondamentaux, notamment de maintien de la paix, de protection des civils et d’aide à l’organisation d’élections. Selon l’auteure, lors de nombreux déploiements, ils finissent par regarder, impuissants, la guerre faire rage. Sur d’autres, ils organisent des élections et proclament la victoire, mais sans avoir fixé les causes profondes qui les ont amenés là – ce qui rend tout à fait probable que les combats reprendront bientôt. Cet échec s’explique en partie par un manque de ressources. Il est difficile de blâmer l’ONU pour cela, puisqu’elle compte sur les contributions de ses membres. Le problème plus vaste, cependant, est un malentendu fondamental sur ce qui fait qu’une paix durable est possible. La stratégie de l’ONU favorise les accords descendants (top-down) conclus avec les élites sur les élections. Mais cela néglige ce qui devrait être l’autre composante principale de leur approche : adopter des stratégies ascendantes (bottomup) qui s’appuient sur les connaissances locales et laisser les populations déterminer elles-mêmes comment promouvoir au mieux la paix.
  • Lisa Sharland, « Evolution of the protection of civilians in UN peacekeeping(le lien est externe)« , Australian strategy policy institute, juillet 2019. 2019 marque le vingtième anniversaire du mandat de protection des civils comme objectif stratégique d’une OMP des Nations unies. Pourtant, les efforts déployés pour mener à bien ce mandat sur le terrain au cours des deux dernières décennies ont été mitigés. Les points de vue des pays membres du Conseil de sécurité ou contributeurs de troupes restent divergents quant aux limites et aux attentes des soldats de la paix et les conséquences pour les civils sur le terrain peuvent être désastreuses. Ce nouveau rapport du programme international de l’ASPI présente une synthèse des difficultés rencontrées par les OMP dans leurs efforts de protection des civils au cours des deux dernières décennies, tout en proposant quelques pistes d’amélioration pour renforcer la performance des Casques bleus.
  • Richard Gowan, « Want to Neuter a U.N. Peacekeeping Mission? Try Sketchy Ballots, Not Bullets »,(le lien est externe) World Politics Review, janvier 2019. Dans un article paru sur World Politics Review le 28 janvier, Richard Gowan analyse quelle est la façon la plus efficace de neutraliser (neuter) une opération de maintien de la paix. Rappelant que depuis son lancement la MINUSMA a perdu plus de 100 membres de son personnel en raison d’actes hostiles et que la Mission consacre 90 % de ses ressources militaires à sa protection, de nombreux fonctionnaires de l’ONU et des experts maliens se demandent si l’opération doit se poursuivre. Pourtant, comme le souligne l’auteur, après chaque attaque l’ONU promet de continuer à soutenir le Mali. Cela contredit donc le cliché selon lequel les Casques bleus battent toujours en retraite, malgré des enquêtes internes faisant état de cas où les troupes de l’ONU ont refusé de protéger les civils et les humanitaires attaqués en République centrafricaine et au Soudan du Sud ces dernières années. L’auteur revient également sur la situation électorale en RDC, où l’ONU a déployé des soldats de la paix pendant près de vingt ans. Bien que l’ONU ait encore 16 000 Casques bleus dans le pays, elle a été en grande partie spectatrice de l’élection présidentielle controversée et n’a fait aucun effort sérieux pour exiger un examen des résultats ou contester le résultat officiel, affirme Richard Gowan. Les critiques de l’ONU au Congo l’ont accusée de favoriser les tendances autoritaires de Kabila au détriment de sa plate-forme électorale. Une étude récente reprise par l’auteur et réalisée par Oisin Tansey et Sarah von Billerbeck, conclut que les fonctionnaires de l’ONU ont adopté une approche « laxiste » face au comportement répressif du gouvernement. Pour sa part, Kabila a refusé de rencontrer les représentants de l’ONU pendant des mois et a menacé d’expulser les soldats de la paix. Selon l’auteur, la menace implicite d’une violence à grande échelle se cache derrière ces interactions. Les membres du Conseil de sécurité se sont inquiétés du fait que Kabila pourrait déclencher une guerre civile, ou un nouveau conflit régional, en chassant les Casques bleus. Reste à voir comment l’ONU s’entendra avec Tshisekedi, mais les Nations unies voudront éviter de s’opposer à un dirigeant supposément démocratiquement élu. Richard Gowan conclut alors que l’ONU et ses opérations de paix peuvent mieux résister aux actes de violence directe que ne le supposent ses détracteurs. Mais elles peuvent avoir du mal à répondre aux manœuvres politiques plus complexes des gouvernements qu’elle est censée soutenir.
  • Kyle Beardsley, David E. Cunningham, Peter B. White, « Mediation, Peacekeeping, and the Severity of Civil War(le lien est externe)« , Journal of Conflict Resolution, décembre 2018. Dans cet article, Kyle Beardsley, David E. Cunningham, et Peter B. White, analysent les conséquences de la participation d’une tierce partie dans un conflit. Ils avancent que les travaux déjà menés sur le sujet ont permis de constater que les opérations de maintien de la paix réduisent le nombre de décès liés aux combats. Ces travaux envisagent également le maintien de la paix indépendamment des autres formes d’intervention diplomatique de tierces parties, comme la médiation. Les auteurs soutiennent que la médiation a son propre effet sur les modèles de violence. Ils estiment également que le maintien de la paix et la médiation peuvent se renforcer mutuellement et ainsi accroître leur potentiel de réduction de la violence. En utilisant des données mensuelles sur les décès liés aux conflits intra-étatiques en Afrique, les auteurs affirment que la médiation est associée à une réduction des effusions de sang. Ils constatent également, toujours en s’appuyant sur des travaux existants, qu’un plus grand nombre de Casques bleus conduit à une réduction de la violence.
  • Katharina P Coleman, Benjamin Nyblade, « Peacekeeping for profit? The scope and limits of “mercenary” UN peacekeeping(le lien est externe)« , Journal of Peace research, novembre 2018. Dans cet article, Katharina P. Coleman, et Benjamin Nyblade, s’intéressent au discours récurrent selon lequel la proportion de pays en voie de développement parmi les pays contributeurs de troupes des missions onusiennes, s’expliquerait par des motivations financières, liées aux remboursements d’équipements et de personnel accordés par les Nations unies. Ces remboursements seraient supérieurs aux coûts que représente la contribution aux missions pour ces États, et leur permettraient d’en tirer des profits financiers. Seulement, pour les auteurs, bien que cette idée soit assez répandue dans la littérature académique, elle devrait être largement nuancée. En effet, sur le plan historique, il ressort de l’article que lorsqu’au début des années 2000, les pays en voie de développement ont rejoint le maintien de la paix, l’intérêt financier d’une telle contribution avait déjà largement diminué. Alors qu’à la fin des années 1980, une telle contribution pouvait représenter un véritable intérêt, la fin des taux de remboursement standardisés et l’application de taux négociés pour chacun des États à partir de 1996, a largement amoindri cet attrait. L’article remet ensuite en question les méthodes d’analyse quantitative du profit financier de la contribution au maintien de la paix. Il réexamine ainsi l’analyse de Bove et d’Elia, proposée en 2011, et qui se base sur la comparaison du PIB par habitant du pays et les contributions au maintien de la paix onusien, démontrant que cet argumentaire est imparfait. Enfin il ressort de cette analyse que la contribution aux troupes onusiennes peut représenter un réel profit à deux conditions : que les forces armées du pays contributeur soient faibles et l’équipement modeste, ou que le pays soit très équipé de matériel bon marché ou ancien qui ne nécessite pas beaucoup de maintenance. Les auteurs concluent que le pays doit être dans une situation très particulière pour tirer profit du système de remboursement des coûts. Ainsi l’importance de l’attrait financier a, selon les auteurs, été largement surestimée, et la participation des pays en voie de développement au maintien de la paix serait davantage motivée par un éventail de considérations politiques, sécuritaires ou économiques.
  • Cedric de Coning et Mateja Peter (ed), United Nations Peace Operations in a Changing Global Order(le lien est externe), octobre 2018. Cet ouvrage analyse l’adaptation des missions de paix onusiennes aux quatre changements principaux de l’ordre mondial : le rééquilibrage entre les États du Nord et du Sud, l’émergence des organisations régionales comme pourvoyeuses de paix, l’émergence de l’extrémisme violent et des acteurs non étatiques intégristes, et la demande croissante d’acteurs non étatiques d’apporter une plus grande attention à la sécurité humaine. Il identifie ainsi les tendances émergentes et les replace dans un contexte de bouleversements de l’ordre mondial.
  • Bruno Charbonneau, « Counterterrorism and challenges to peacekeeping impartiality(le lien est externe)« , International Peace institute juin 2018. La question que l’auteur soulève est de savoir comment permettre aux Casques bleus de travailler dans des environnements où des forces contre-terroristes sont déployées, et comment démarquer leur responsabilité de ces objectifs. Il considère que cette distinction est quasiment impossible à mettre en place sur le terrain. Le maintien de la paix s’envisage autour de l’argument moral d’un usage limité de la force, utilisé de façon impartiale, et de l’absence d’ennemi à combattre ou détruire. La MINUSMA illustre bien les risques et les enjeux qu’implique la mise en œuvre de ces opérations. Elle se caractérise par une division du travail entre Casques bleus et forces contre-terroristes françaises, mais cette distinction reste compliquée à établir entre ces deux sphère d’activité. Alors que le Secrétaire général constate la détérioration de la situation malienne, les transformations du mandat de la MINSUMA tendent vers un soutien aux forces contre-terroristes, donnant lieu à un cercle vicieux subordonnant les processus de paix à la logique militaire.
  • Cedric de Coning, « What peacekeeping can learn from peacebuilding(le lien est externe)« , International Peace Institute, juin 2018. Cédric de Coning, évoque dans son article les relations entre missions de maintien de la paix et missions de consolidation de la paix, et les conséquences des évolutions structurelles et budgétaires à venir. L’agenda pour la paix du Secrétaire général Boutros Boutros-Ghali constitue un point de départ de la consolidation de la paix, avec notamment la diplomatie préventive. Le maintien de la paix était alors entendu comme une façon de gérer le conflit en plaçant des Casques bleus au milieu des parties, alors que la consolidation de la paix était envisagée comme une résolution du conflit visant les causes à l’origine de celui-ci. Les activités de consolidation de la paix prises en charge par les opérations de maintien de la paix se sont étendues ces deux dernières décennies. Au fur et à mesure, de plus en plus d’activités de consolidation de la paix ont été ajoutées aux mandats des opérations de maintien de la paix. Aujourd’hui, ces opérations se sont largement éloignées de la résolution des conflits, pour se concentrer sur des activités de protection et de stabilisation. La tendance aujourd’hui est à la réduction du nombre de tâches pour les Casques bleus, afin de constituer des opérations réalistes qui correspondent aux exigences de performance et de budget. Cette volonté de revenir à l’essentiel dans le maintien de la paix, affectera peut-être le nombre d’activités de consolidation dans ces opérations, et donnera lieu à l’expansion d’un bureau de consolidation de la paix. Si le nombre d’activités de consolidation de la paix au sein des opérations de maintien de la paix se réduit de façon significative, quelles taches devraient être maintenues dans ces mandats, et quelles activités devraient être confiées à l’État hôte, ou d’autres composantes de l’ONU. Mais il faut garder à l’esprit qu’il n’y a pas qu’un seul type de mission de maintien de la paix, et qu’ainsi cette répartition dépend du contexte de la mission.
  • Marina Caparini, « UN Police and Conflict Prevention(le lien est externe)« , Stockholm International Peace Research Institute, juin 2018. Ce rapport relie le programme de paix durable et la prévention des conflits à la composante police des opérations de paix des Nations unies. L’auteur décrit les trois types de prévention des conflits mis en œuvre dans les opérations de paix, avec un accent particulier sur la contribution de la police des Nations unies (UNPOL). Marina Caparini indique que l’UNPOL joue un rôle essentiel dans la prévention des conflits par des actions opérationnelles directes visant à désamorcer les tensions et dissuader la violence. Elle fait également de la prévention structurelle via ses activités de mentorat, de formation et de conseil à la police de l’État-hôte, ainsi qu’en soutenant le développement d’un système judiciaire plus efficace, responsables et légitimes. Pour finir, la police des Nations unies réalise une prévention systémique en soutenant les normes et mécanismes régionaux et internationaux de lutte contre la criminalité transnationale organisée. L’auteure fait ensuite plusieurs recommandations pour renforcer la contribution de l’UNPOL à la prévention des conflits. Il s’agirait tout d’abord de renforcer son rôle dans l’analyse des conflits et l’alerte précoce grâce à des évaluations plus qualitatives sur les moteurs du conflit. Il faudrait ensuite privilégier une approche plus centrée sur les personnes dans les relations que l’UNPOL entretient avec la police et la société civile, se concentrer sur la qualité et le contenu des interactions plutôt que sur leur nombre. Enfin, le rapport recommande de développer une approche plus intégrée de la prévention des conflits, qui tire parti des capacités particulières et des avantages comparatifs de l’UNPOL en tant qu’acteur institutionnel présent sur la zone de mission.
  • Malte Brosig & Norman Sampijja, « Does Peacekeeping Reduce Violence? Assessing Comprehensive Security of Contemporary Peace Operations in Africa(le lien est externe)« , Stability: International Journal of Security and Development, mars 2018. Cette étude évalue l’impact des missions de maintien de la paix sur la sécurité globale des pays dans lesquels elles opèrent. Les deux auteurs ont choisi de concentrer leurs recherches sur les déploiements ayant eu lieu sur le continent africain depuis le début des années 2000, qui marquent l’orientation des missions traditionnelles de maintien de la paix vers des missions de stabilisation. Leur constat de départ est le suivant : la majorité des études quantitatives évaluant l’efficacité des OMP mesure la réduction des conflits en comptant le nombre de décès liés au conflit dans le pays hôte.
  • Sofía Sebastián et Aditi Gorur, « UN Peacekeeping & Hoste-State Consent(le lien est externe)« , Stimson, Mars 2018. Dans ce rapport, Sofía Sebastián et Aditi Gorur reprennent le thème du consentement de l’État hôte comme principe fondamental pour le déploiement d’une mission de la paix des Nations unies. Ils rappellent que dans la pratique, l’absence d’un véritable consentement constitue l’une des plus grandes menaces au succès des missions modernes de maintien de la paix : difficultés à remplir leur mandat, à jouer un rôle important dans les négociations politiques, à maintenir la sûreté et la sécurité des soldats de la paix ou à planifier une stratégie de sortie.
  • Clark Soriano, Rhonda Gossen, « The changing nature of UN peace operations(le lien est externe)« , OpenCanada.org, novembre 2017. Dans un article Clark Soriano et Rhonda Gossen insistent sur la nécessité de modifier en profondeur le modèle obsolète des opérations de paix des Nations unies qui est actuellement incapable de mettre fin à un conflit et de protéger les populations civiles. En se basant sur des réflexions novatrices, une étude(le lien est externe) conjointe de la Banque mondiale et des Nations unies (publiée en septembre 2017) et une autre étude(le lien est externe) du New York University’s Center on International Cooperation (publiée en février 2017), les deux chercheures recommandent plusieurs mesures pour rendre véritablement efficaces les opérations de paix. Selon elles, une « approche intégrée » de la paix et de la sécurité est indispensable puisqu’actuellement, la démarche cloisonnée du maintien de la paix a montré ses limites face à la complexité des crises contemporaines. En effet, les opérations de maintien de la paix traitent distinctement le développement social et économique, la question humanitaire, les élections et la bonne gouvernance, ou encore le cessez-le-feu et le maintien de la paix. C’est pourquoi il est indispensable de traiter « collectivement » tous ces problèmes et d’éliminer les barrières entre les départements onusiens.  Clark Soriano et Rhonda Gossen encouragent donc les Nations unies à adopter un agenda commun, à améliorer la réponse multidimensionnelle du maintien de la paix et proposent d’augmenter l’autonomie de décision des dirigeants qui sont sur le terrain. Ces conditions, dont certaines ont déjà été partiellement instaurées dans certaines missions, peuvent être considérés comme les premières bases de l’approche globale et intégrée du maintien de la paix. Ainsi, le maintien de la paix et les processus de prévention des conflits seront plus cohérents puisque les opérations de paix, la diplomatie, le développement et l’aide humanitaire seront davantage harmonisés.
  • Cedric de Coning, Chiyuki Aoi, John Karlsrud (éds), « UN Peacekeeping Doctrine in a New Era(le lien est externe)« , coll. Global Institutions, Routledge, février 2017. Les auteurs y étudient les changements de pratiques intervenus ces dernières années dans les Opérations de maintien de la paix onusiennes. Traditionnellement, les OMP fondent leur identité autour de trois principes : le consentement du gouvernement du pays d’accueil, l’impartialité de l’OMP, ainsi que l’usage de la force très encadré et restreint aux cas de légitime défense et de menace directe à l’égard des civils lorsque l’OMP est mandatée pour les protéger. Récemment, certaines OMP, souvent appelées « missions de stabilisation », s’emploient à la construction de nouveaux États, à la protection des civils en l’absence d’accord de paix, ou à la protection des gouvernements contre les insurrections. Ce livre vise à étudier comment les nouvelles pratiques mettent à mal les trois principes susmentionnés et influent ainsi sur l’efficacité des OMP, puis à donner des conseils quant à la construction doctrinaire autour de celles-ci.
  • Sarah Cliffe et Alexandra Novosseloff, « Restructuring the UN Secretariat to strengthen preventative diplomacy and peace operation(le lien est externe)« , International on Center Cooperation, février 2017. Au cours des deux années écoulées, trois audits distincts ont souligné les faiblesses de l’Architecture de paix et sécurité des Nations unies – notamment la fragmentation de cette architecture et l’éparpillement des compétences et prérogatives, minant la cohérence de son action. Si nombre de ces manquements peuvent être imputés à la transformation de la nature des conflits, certaines faiblesses observées sont liées à des obstacles managériaux et structurels. Dans leur rapport pour le Center on International Cooperation, Sarah Cliffe et Alexandra Novosseloff suggèrent que la prise de fonction d’un nouveau Secrétaire général favorable à une réforme du pilier « paix et sécurité » des Nations unies, constitue un momentum que les États membres devraient saisir. Ce rapport offre des pistes de réflexion intéressantes pour une réforme du siège des Nations unies, identifié comme source de compétition des prérogatives et de chevauchement des compétences, diminuant l’impact des actions de l’architecture de paix et sécurité de l’ONU.
  • Walter Dorn, « Smart Peacekeeping: Toward Tech-Enabled UN Operations(le lien est externe)« , International Peace Institute – Proving for Peacekeeping, juillet 2016,. Comment maximiser les perspectives offertes par la révolution technologique, dans le cadre des opérations de maintien de la paix ? Dans un rapport de l’International Peace Institute, Walter Dorn propose un cadre dynamique pour maximiser l’impact des différents acteurs impliqués dans la programmation et la mise en œuvre des opérations, rassemblant les capacités programmatiques des agences onusiennes et les capacités contributives des États membres contributeurs.
  • Ronald Hatto, ‘’Le maintien de la paix – L’ONU en action(le lien est externe)’’, ed. Armand Colin, 2015.  Dans un premier temps, Ronald Hatto trace dans cet ouvrage une rétrospective des missions de maintien de la paix de l’ONU, pour ensuite se plonger dans les rouages onusiens relatifs à leur fonctionnement. Malgré les limites des OMP, Hatto veut démontrer l’utilité de cet outil. Aussi, l’auteur présente son livre comme « un voyage à travers l’ONU en action ». La perspective offerte par l’auteur est particulièrement intéressante, dans la mesure où Hatto a servi comme Casque Bleu dans les Forces armées canadiennes déployées à Chypre, avant d’entamer sa carrière académique.
  • Richard Gowan, ‘’The Security Council and Troop Contributing Countries(le lien est externe)’’, DGRIS (Étude financée par le ministère de la Défense français), janvier 2015. Dans cette étude en anglais, l’auteur analyse la relation tumultueuse entre le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), et en particulier ses cinq membres permanents, et les pays contributeurs de troupes des OMP. Gowan constate que, de fait, ces derniers possèdent, eux aussi, une sorte de droit de véto. Si les membres permanents du CSNU ont un rôle déterminant dans la prise de décision, ils fournissent pourtant peu de soldats aux OMP. Aussi, sans le consentement des principaux pays contributeurs (Inde, Pakistan, Bangladesh, Ethiopie, Rwanda …), tout déploiement d’une mission s’avère difficile, voire impossible. A la lumière de ce constat, l’auteur considère que la collaboration entre les pays contributeurs de troupes et le CSNU est un facteur capital pour le succès des OMP. Il s’attache donc à en examiner les contours et les limites.
  • Michel Liégeois, Céline Verheugen et Lorène Delhoume, ‘ONU : la révision des remboursements forfaitaires aux Etats contributeurs(le lien est externe)’’, Dossier du ROP, 18 juin 2015. Les opérations de maintien de la paix représentent un budget de près de 9 milliards de US$ et sont financées par les contributions obligatoires des 193 Etats-membres de l’ONU. Un système de quote-part permet de calculer la contribution de tous les Etat-membres. Le budget ainsi alimenté permet de financer les opérations de maintien de la paix en dédommageant les pays contributeurs de troupes. À l’issue de la résolution A/RES/68/281 de l’Assemblée générale du 30 juin 2014, le système de forfait a été modifié. Cet article analyse cette évolution, qui a permis d’augmenter les taux de remboursement aux pays fournisseurs de contingents, tout en rendant le processus plus transparent. Cette augmentation aura été toutefois le produit d’une difficile négociation entre les Etats fournisseurs et les pays contributeurs financiers (qui financent mais ne fournissent pas ou peu de contingent).