MONUSCO

  • RD Congo : En pleine résurgence, le M23 cible des civils – Human Rights Watch, 25 juillet 2022. Ce rapport s’intéresse à la résurgence du groupe armée M23 et à ses conséquences sur la protection des civils. La publication s’intéresse aux exactions commises contre les civils durant le mois de juin 2022 dans les zones de Ruvumu, Kabindi et Ruseke, il s’agit principalement d’exécutions de civils.  En dépit de l’état de siège mis en place par les autorités dans l’Est du Congo, les attaques du M23 ont persisté. Les témoignages compilés par HRW font état d’exécutions sommaires de 17 civils dont deux adolescents qui ont été soupçonnés de collaborer avec l’armée congolaise, le 21 juin. Les nouveaux affrontements entre les FARDC et le M23 ont notamment causé un nouvel afflux de réfugiés internes. 200 000 personnes ont dû fuir les zones de combat et 20 000 personnes ont été déscolarisées et n’ont pas été en mesure de passer leurs examens. HRW estime que cette situation de résurgence du groupe armé découle de l’incapacité du gouvernement à poursuivre il y a plusieurs années de cela les leaders du M23 devant des instances internationales pour crimes contre l’Humanité.
    L’ONG émet 4 recommandations aux acteurs de la région :
  1. L’ONU et sa mission la MONUSCO, l’Union africaine (UA) et les gouvernements concernés devraient dénoncer publiquement les exactions du M23 et celles qui ont été commises par d’autres parties
  2. Les sanctions à l’encontre des commandants du M23 devraient être maintenues et étendues à d’autres responsables d’exactions graves, ainsi qu’aux hauts responsables de la région complices des abus du groupe armé
  3. Les pays donateurs devraient suspendre leur assistance militaire aux gouvernements qui soutiennent le M23 ou d’autres groupes armés responsables d’exactions
  4. L’ONU et sa mission la MONUSCO, l’UA et les partenaires de la RD Congo devraient soutenir une stratégie claire pour lutter contre l’impunité des auteurs d’abus graves, avec un mécanisme de filtrage (vetting) des services de sécurité et de renseignement, un mécanisme de justice internationalisé et un programme de réparation complet, ainsi qu’un programme de démobilisation efficace
  • Relief Web, « Assessing the « Effectiveness of the United Nations Mission in the DRC / MONUC – MONUSCO »(le lien est externe), avril 2019. Ce rapport évalue l’adéquation entre les ressources et le mandat et la manière dont la mission, la plus coûteuse de toutes les OMP, a adapté ses approches pour être efficace en ces temps de réductions budgétaires des OMP. Pour ce faire, huit critères ont été retenus : la situation politique et l’organisation des élections ; la protection et la stabilité ; l’accès à la propriété par les nationaux et locaux ; le soutien régional et international ; la cohérence et les partenariats ; la légitimité, l’impartialité et la crédibilité de la mission ; les femmes, la paix et la sécurité, une approche axée sur l’individu. Le rapport fournit une étude de l’impact de la MONUSCO sur la situation politique et la sécurité en République démocratique du Congo, surtout dans l’est du pays où elle est principalement déployée. Les auteurs analysent aussi les principales contraintes et défis de la mission. Ils rappellent que deux des principales contraintes stratégiques de la mission a toujours sont : le degré de coopération avec l’État congolais, ils réaffirment la pertinence et l’importance pour la mission de soutenir le nouveau gouvernemen et le rôle des États voisins qui alimentent ou ont un intérêt à l’instabilité du pays.
  • Denis Tull, « Les missions de stabilisation en République démocratique du Congo et au Mali : les limites de l’ONU dans l’imposition de la paix(le lien est externe)« , IRSEM, 28 avril 2017. Depuis quelques années, des appels se répètent pour recourir à l’emploi de la force dans les Opérations de maintien de la paix des Nations unies.  Denis Tull affirme, au travers de l’étude des cas de la Mission de l’organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), que « l’emploi de la force à des fins stratégiques ne semble pas être une voie prometteuse pour l’ONU » car elle empêche d’exploiter efficacement les moyens politiques et civils qui dotent les missions de l’organisation d’un avantage comparatif. En République démocratique du Congo, Tull juge qu’hormis l’élimination du M23, le bilan de la brigade spéciale d’intervention est décevant. Il explique que ceci tient au manque de convergence entre les intérêts des acteurs principaux, en particulier l’ONU et l’État congolais. Il démontre ensuite qu’une brigade spéciale d’intervention au Mali rencontrerait le même problème.
  • Judith Verweijen, « Strange Battlefield Fellows: The Diagonal Interoperability Between Blue Helmets and the Congolese Army« , International Peacekeeping, 2017. Dans son article paru dans la revue scientifique International Peacekeeping, Judith Verweijen se penche sur les interactions entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les soldats de la MONUSCO – une interaction qu’elle désigne sous le terme d’«interopérabilité diagonale». S’appuyant sur une étude de terrain menée entre 2010 et 2014, Verweijen estime que ces relations sont influencées par des perceptions mutuelles négatives et des intérêts divergents.