Le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité le 31 janvier, un texte rédigé par la France qui renouvelle pour un an, jusqu’au 31 janvier 2020, l’embargo sur les armes en République centrafricaine.

Par cette décision, l’ONU a également accepté une ouverture aux demandes de longue date des autorités centrafricaines, en vue d’un assouplissement de l’embargo au profit de ces dernières. Face à la montée en puissance des groupes armés rebelles qui contrôlent 80 % du territoire et à l’impuissance des Forces armées centrafricaines (FACA) affaiblie par des années de guerre civile, les autorités centrafricaines réclamaient un assouplissement de l’embargo. Le message « a bien été entendu », a assuré l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, qui reconnaît le besoin, « pour les autorités centrafricaines, de rééquiper et de former leurs forces de défense et de sécurité afin qu’elles puissent contribuer à la sécurité de l’ensemble des citoyens centrafricains ».

L’assouplissement de l’embargo sur les armes sera effectif à condition que Bangui respecte quelques exigences. D’ici au 30 avril, le Conseil de sécurité transmettra aux autorités centrafricaines une feuille de route opérationnelle sur les mesures à prendre concernant la réforme du secteur de la sécurité, les programmes de désarmement des combattants armés et la gestion des armes et des munitions. Celles-ci feront l’objet d’une double évaluation fin juin par Bangui puis fin juillet par le secrétaire général de l’ONU. Si les conditions sont réunies, le Conseil s’engage à étudier avant le 30 septembre une levée partielle de l’embargo.

Quelques jours avant le vote du Conseil de sécurité, le 28 janvier, près de 3000 manifestants  s’étaient rassemblés à Bangui pour demander la levée de l’embargo en vigueur depuis 2013. Alors que des pourparlers entre le gouvernement et les groupes armés  se sont ouverts le 24 janvier à Khartoum pour tenter de trouver une sortie de crise, des manifestants, dans la capitale de la RCA, réclamaient des forces de l’ordre fortes et armées. Les marches sont parties des différents quartiers de Bangui autour d’un seul slogan : « la levée totale de l’embargo sans condition ».

À noter que l’embargo a déjà été levé partiellement à deux reprises depuis 2017 pour des livraisons d’armes effectuées par la Russie et par la France à Bangui dans le cadre de la reformation de l’armée centrafricaine. Une demande chinoise similaire n'a pour l'heure pas abouti. En réaction à ces livraisons d'armes à Bangui, un rapport de l'ONU notait en 2018 que « l'acquisition récente d'armements par le gouvernement a incité les factions » de l'ex-rébellion de la Seleka « à opérer un réarmement ».

Consulter la base de données du GRIP des embargos sur les armes

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