Au cours de l’année 2019, 27 personnels des Nations unies, dont 23 Casques bleus et 4 civils ont trouvé la mort au cours de leur mission. Pour la sixième année consécutive, la MINUSMA se trouve en tête des OP les plus dangereuses en termes de pertes en vies humaines. En 2019, 22 des 23 Casques bleus ayant perdu la vie étaient déployés au Mali.

Au mois de mars 2020, la MINUSCA a déploré la perte de deux de ses membres : un Casque bleu burundais et un personnel civil.

La protection du personnel civil, militaire et de police des Missions de paix fait partie intégrante des priorités énoncées dans la Déclaration d’engagements communs de 2018, signée par 152 pays. Face à l’augmentation du nombre de morts parmi le personnel de maintien de la paix, les signataires de la Déclaration se sont engagés à prendre toutes les mesures appropriées pour traduire en justice les auteurs des actes criminels perpétrés contre le personnel des Nations Unies.

Dans ce contexte, la Chine, présidente du Conseil de Sécurité des Nations unies (CSNU) pour le mois de mars, avait prévu un débat ouvert sur la question de la protection du personnel de l’ONU et de ses soldats de la paix. Cependant, en raison de la situation imposée par la pandémie de COVID-19, le CSNU a été contraint d’annuler ce débat et de procéder au vote d’une résolution par écrit, à la place.

Initialement, la Chine avait diffusé une note conceptuelle auprès des membres du Conseil indiquant les thèmes à aborder lors du débat ouvert. Ces sujets devaient traiter de  :

  • La manière dont les États pourraient contribuer au renforcement des capacités par la formation et la fourniture d'équipements et d'autres ressources,
  • mais également de la manière dont le Conseil de sécurité, le Secrétariat, les pays contributeurs et les pays hôtes pourraient relever les défis posés par la mutation de la menace et des formes de conflits
  •  et enfin de l’établissement de normes de déploiement universelles pour les soldats de la paix.

La nouvelle résolution devrait notamment appeler à :

  • Augmenter le soutien opérationnel sanitaire, notamment par la mise à disposition d'installations médicales adéquates,
  • Documenter systématiquement les violations des Accord sur le statut des forces et demander aux États hôtes d’enquêter et de poursuivre les responsables d’attaques contre le personnel des Nations unies,
  • Garantir aux femmes militaires et civiles un environnement de travail sécurisé et respectueux de l’égalité entre les sexes, et
  • Rendre plus opérationnel le Mécanisme léger de coordination afin de faciliter et de coordonner davantage les activités de formation et de renforcement des capacités des contingents.

Afin d’adopter ce projet de résolution, les membres du Conseil ont dû négocier virtuellement au niveau des experts afin que le projet puisse être « mis en bleu » (ou soumis au vote) le 26 mars. Toutefois, étant donné que les procédures d'adoption n'avaient pas encore été arrêtées, le vote a été lancé le 27 mars. Le résultat du vote a été dévoilé le 31 mars, indiquant que la résolution a été adoptée à l’unanimité de ses membres. Il s’agit de la première résolution relative à la protection du personnel des OP.

La Chine est le 10ème contributeur de troupes, et l’un des plus grands contributeurs parmi les membres permanents du CSNU.

Source de l'image : UN Photo/Fred Fath

 

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