8 décembre 2022
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Réunion de l’OIF autour de l’importance des compétences linguistiques dans les services de police des OP

Le 3 février 2022, l’équipe de l’Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix a participé à une réunion organisée par la Représentation permanente de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) auprès des Nations unies, en partenariat avec la Division de la Police des Nations Unies. Cet échange, structuré autour de la question de l’importance des compétences linguistiques pour les forces de police deployées au sein des missions de paix francophones, réunissait des experts chargés des Opérations de paix, des Conseillers de police, des Conseillers militaires des Missions permanentes francophones .

Organisée en ligne et intitulée : « Pourquoi les compétences linguistiques de contingents et personnels déployés sont-elles un élément clé de la performance des opérations de paix ? », cette réunion s’est tenue en amont de la prochaine session de fond du Comité spécial sur les opérations de maintien de la paix (C34) qui ouvre le 14 février. Son objectif était de sensibiliser sur l’importance des compétences linguistiques dans les OP, en particulier en ce qui concerne la maitrise du français en zone francophone, et de favoriser la prise en compte des enjeux de langue et d’interculturalité dans les discussions internationales sur le maintien de la paix.

Après les propos introductifs de Mme l’ambassadeur Kontoleontos, Représentante de l’OIF auprès des Nations unies et de Luis Ribeiro Carrilho, Directeur de la division de la police des Nations unies (UNPOL), des policières et policiers en poste au sein de plusieurs OP ont mis en évidence, à travers leurs témoignages, les problématiques de terrain liées à la maitrise de la langue.

Une policière suédoise, commandante de secteur au sein de la MONUSCO, a ainsi évoqué la manière dont la maitrise du français facilite la vie quotidienne et tout particulièrement les interactions avec la population locale, élément indispensable dans ses missions de sensibilisation. Un constat repris par un policier de la MINUSCA, pour qui le français est également essentiel aux échanges avec les autorités locales afin d’expliquer le travail des missions et de mettre en place des projets locaux. Au fil des échanges, l’importance de la langue est ainsi apparue comme une composante essentielle au succès des missions. Une policière malienne en poste à la BINUH a pu faire part des raisons pour lesquelles, sur un terrain francophone comme Haïti, la maitrise de langue est fondamentale pour les échanges aussi bien administratifs que culturels et est, en outre, un élément déterminant pour la réussite de la mission. Une position également exprimée par une policière de la MINUSMA, pour qui elle a été un facteur de réussite déterminant. Le français lui a notamment permis de mettre en confiance une victime de viol et de recueillir son témoignage, d’obtenir plus d’informations de la part de chefs locaux sur les actions des groupes armés ou encore de clarifier une situation possiblement conflictuelle avec des habitants. Ces témoignages ont ainsi démontré que la maitrise de la langue est un enjeu majeur  au sein des équipes d’UNPOL, alors même que recourir aux interprètes peut se révéler complexe.

Cette réunion a donc été l’occasion pour les Missions permanentes francophones de constater la pertinence de la maitrise du français pour améliorer la performance des missions de police des OP, et de nourrir leur réflexion sur des positions communes pouvant être mises en évidence lors des travaux du Comité spécial sur les opérations de maintien de la paix.

Pour rappel, le GRIP et l’Observatoire Boutros-Ghali pilotent depuis 2021 le Réseau d’expertise et de formation francophones pour les opérations de paix (REFFOP), qui œuvre au renforcemehttps://www.observatoire-boutros-ghali.org/reffop/pr%C3%A9sentationnt et à la valorisation du français et de l’expertise francophone dans les OP.

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