8 décembre 2022
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COVID-19 : un défi additionnel au maintien de la paix

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré le 11 mars 2020 que l’épidémie de COVID-19 s’est transformée en pandémie, avec plus de 209 500 cas de contaminations dans 150 pays et territoires, et 8 700 décès (en date du 18 mars). Sur le continent africain, les pays se prémunissent contre l’expansion de la menace sanitaire, alors que certains font déjà face à des menaces sécuritaires qui exercent une pression constante sur leurs ressources.

Dans le domaine du maintien de la paix, bien que la facilitation de l’acheminement et de l’accès à l’aide humanitaire aux personnes dans le besoin soit au cœur des mandats des opérations de paix (OP), la lutte contre les pandémies n’y est pas inscrite explicitement. Afin d’endiguer le risque de propagation du virus et de s’adapter à ce nouveau type de menace, le Département des Opérations de paix (DOP) a annoncé que « certains pays ont été priés de retarder de trois mois la rotation des effectifs militaires et de police pour maintenir leur force opérationnelle et exécuter les tâches qui leur ont été confiées ».

MINUSCA

La Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation de la République centrafricaine (MINUSCA) a mis en place un dispositif d’isolement de 14 jours pour son personnel ayant transité par un pays à transmission locale ; elle a également décidé de la suppression des rotation de ses contingents, et de tous types de congés, ainsi que de l’interdiction du retour de son personnel actuellement en congés. Enfin, vols non-essentiels de la Mission ont été annulés. Par ailleurs, les Bérets et Casques bleus de la MINUSCA ont fourni un appui matériel et technique à l’aéroport de Bangui pour diagnostiquer les voyageurs : « Des médecins de la Police des Nations Unies et de la Force de l’opération de paix contribuent au contrôle à l’aéroport de Bangui », a déclaré le 18 mars le chef de la composante police de la MINUSCA, le général Pascal Champion.

La Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de l’ONU en RCA a également exprimé sa volonté de lutter contre les fausses informations et la stigmatisation menée contre le personnel des Nations unies et des ONG qui accusent « les étrangers de véhiculer le coronavirus dans le pays ».

La RCA a enregistré son premier cas de contamination confirmé le 14 mars.

MINUSMA

La Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), a quant à elle, pris également des mesures de soutien aux autorités sanitaires du Mali, bien que le pays n’ait toujours pas enregistré de cas de contamination avéré. Elle appelle à respecter les directives ordonnées par le gouvernement. De plus, tout comme la MINUSCA, la Mission déplore la diffusion de fausses informations et de rumeurs sur le virus et indique qu’elle continuera de communiquer régulièrement et en toute transparence sur l’évolution de la situation au Mali.

MONUSCO

En République démocratique du Congo (RDC), qui compte, à la date du 18 mars 2020, 3 nouveaux cas de personnes infectées par le COVID-19, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a annoncé, le 16 mars, que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a commencé à fournir un appui technique et matériel (notamment des kits de tests de laboratoire des laboratoires nationaux) ainsi qu’à renforcer les capacités des équipes d’intervention rapide. La RDC se remet de l’épidémie d’Ebola dans l’Est du pays, avec la libération le 3 mars 2020 de la dernière patiente guérie du virus et l’absence de cas recensé depuis le 17 février 2020.

Nouvelle menace sécuritaire et pression exercée sur les OP

La Constitution de l’OMS rappelle l’interdépendance entre le maintien de la paix et la protection de la santé mondiale, à savoir que « La santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix du monde et de la sécurité ». À ce titre, la menace pandémique qui pèse à présent sur le continent africain et sur les capacités des OP déployées en zones vulnérables représente une nouvelle forme de défi pour la paix et à la sécurité du continent. Outre les guerres asymétriques, l’imminente menace sanitaire appelle à une adaptation des OP et de leurs mandats aux risques que représenterait une flambée de cas de COVID-19 sur le continent.

De plus, depuis la récente crise de financement du maintien de la paix, les OP sont soumises à une pression considérable au regard de la complexité de leurs mandats et de la diminution des ressources qui leur sont allouées. L’ONU avait déclaré le 16 mars que les OP présentes sur le continent africain « sont mobilisées pour aider les pays à faire face à une propagation du coronavirus tout en poursuivant leur mandat » ; la menace du coronavirus risque ainsi d’alimenter davantage cette pression.

Pour plus d’information :

Source image : UN Photo/Mark Garten

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