Proposé en partenariat avec le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et le Département de l'appui aux missions (DAM) du Secrétariat des Nations unies, cette séquence de trois jours d’information, consacrés aux prérequis et à la planification de l’engagement dans une opération de paix onusienne, a permis de mobiliser la quasi-totalité des contributeurs francophones, africains pour la plupart, dont sept au niveau des Représentants permanents (Côte d’Ivoire, Égypte, Maroc, Sénégal, Thaïlande, Belgique et France)...

La présence des deux Secrétaire généraux adjoints, messieurs Atul Khare et Jean-Pierre Lacroix, au cours de ces trois journées d’échanges, a constitué un signal fort, témoignant de la réceptivité du Secrétariat aux besoins spécifiques des contributeurs francophones ainsi que d’une volonté avérée du Secrétariat de promouvoir l’engagement des francophones dans les missions de paix.

La première journée, déclinée sous le format d’une table ronde animée par le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), au siège de la représentation permanente de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a porté notamment sur les aspects politiques, la spécificité francophone et la dimension économique du maintien de la paix. Tandis que les deux journées suivantes, animées par le DOMP et le DAM au siège des Nations unies, étaient consacrées à un séminaire de nature plus technique, sur la planification de l’engagement dans une opération de paix vu d’un État contributeur de troupes ou d’unités de police.

La table ronde et le séminaire ont été unanimement salués par les intervenants et les participants comme une réponse à un besoin avéré d’information et d’expression des doléances des contributeurs francophones ; de même tous ont plaidé pour une reconduction de l’initiative sur une base régulière, sous le format de réunions resserrées entre francophones. Ce format de réunion a été particulièrement apprécié pour la convivialité et la liberté de ton qu’elle favorise lors des échanges.

Lors de la première journée, les représentants du Maroc, du Sénégal et de l’Égypte, pays qui figurent parmi les principaux contributeurs de troupes, ont fait valoir plusieurs observations d’ordre politique dont :

  • la demande relative à l'accroissement du nombre d'officiers d'état-major francophones en cohérence avec la participation de certains pays en troupes et unités de police ;
  • l’appel à un dialogue triangulaire renforcé permettant d'associer les contributeurs de troupes à la phase de préparation des mandats des missions.

Les discussions relatives à la dimension économique du maintien de la paix, ont permis de mettre en exergue les pistes et conditions pour consolider un modèle économique du développement capacitaire à partir de la politique de remboursement.

Les échanges lors du séminaire ont particulièrement permis de souligner l’importance d’une mobilisation politique en amont, d’une organisation et du suivi de l’engagement dans les capitales, notamment par la mise en place d’une structure spécifiquement chargée des questions de maintien de la paix au sein des directions politiques des ministères de la défense.

La préparation des contingents, l’étude des choix de contribution en amont, sur la base des SUR (Statement of Unit Requirements) et de la politique de remboursement (manuel Contingent Owned Equipment), sont également apparus comme les conditions indispensables pour maintenir la capacité d’engagement dans la durée, à partir d’une véritable politique de réinvestissement des remboursements.

Les interventions ont également permis de pointer le besoin de formation des hommes sur les équipements dont le déploiement est projeté, en privilégiant le matériel déjà utilisé dans le contexte des entraînements. Le défis de la maintenance et de la gestion dans le temps des dons d’équipement a également été évoqué, nombre de pays préférant l’acquisition en propre, qui garantit la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement dans le cadre de la maintenance.

Enfin, les échanges portant sur la dimension humaine de l'engagement dans les missions (relèves, conduite et discipline, indemnisation des décès et invalidité, capacité de soutien autonome, prise en charge médicale), ont permis d’illustrer de manière édifiante les préoccupations des contributeurs dont les troupes figurent souvent parmi les plus mal soutenues et les plus exposées sur les théâtres.

Ces trois journées d’échange constituent un premier succès et participent à la visibilité croissante de l'Observatoire Boutros-Ghali du maintien de la paix, dont la création a été initiée par le ministre français de la défense et la Secrétaire générale de l’OIF il y a un an, dans le cadre de la conférence de Paris sur le maintien de la paix en environnement francophone.

Répondant à la sollicitation des participants, lors de la conclusion de la troisième journée d’échange, le Secrétariat s’est montré favorable au renouvèlement de l’initiative au cours des prochains mois dans un pays d’Afrique francophone. L’école du maintien de la paix de Bamako pourrait accueillir un prochain séminaire.

 

Consultez le compte rendu de la table ronde du 4 octobre sur le thème "Quels prérequis pour contribuer à la génération de force des opérations de paix de demain?" 



     

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