D’après le dernier rapport du Secrétaire général des Nations unies sur la situation au Mali, les conditions de sécurité se sont profondément dégradées depuis fin juin 2017. Malgré les efforts de médiation de la MINUSMA, l’Accord pour la paix et la réconciliation est au point mort en raison de l’agitation politique qui entoure la révision de la Constitution, des combats qui ont repris dans le nord du pays entre les groupes signataires des accords mais aussi de la montée de l’insécurité dans le centre du Mali...

En outre, la crise de confiance entre les groupes signataires, le manque de transparence des critères d’intégration et le refus des dirigeants des groupes armés de remettre la liste de leurs combattants aux autorités compliquent le lancement d’un processus de DDR prévu mi-octobre 2015. 

De surcroît, en raison du manque de moyens matériels et humains mais aussi par la présence limitée des Forces de défense et de sécurité maliennes, la protection des civils s’est dégradée dans la région de Mopti et Ménaka.

La MINUSMA a continué de former les Forces de défense et de sécurité maliennes aux techniques de lutte anti-terroriste, anti-mines, mais aussi contre le crime organisé. Si le mémorandum d’accord n’a toujours pas été signé avec le Gouvernement sur l’appui de la Mission aux forces armées maliennes, un mécanisme de coordination entre la MINUSMA, les forces françaises, la mission de formation de l’Union européenne et les forces maliennes a été mis en place le 29 juin 2017.

Des attaques asymétriques contre les Casques bleus, menées par des groupes extrémistes violents, ont doublé en trois mois. Pour assurer la sécurité du personnel déployé, la collecte de renseignement a été renforcée et des systèmes de détection et d’alarme ont été installés dans le nord et le centre du pays.  Pour gagner plus d’efficacité et réduire les coûts, plusieurs mesures ont été prises parmi lesquelles une restructuration des unités de la MINUSMA, la révision des capacités de commandement, une meilleure couverture médicale et une réduction du nombre de camps. Par ailleurs, le déploiement dans le camp de Mopti (achevé début août 2017) de l’ensemble des effectifs de la force d’intervention rapide d’ici la fin de l’année, associée à la réception de plusieurs hélicoptères, offriront plus de mobilité à l’opération. Néanmoins, le manque de véhicules blindés de transport de troupes et l’insuffisance du matériel pour les contingents continuent d’être préoccupants.

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est néanmoins félicité du fait que « les pays de la région se soient davantage investis dans les initiatives en faveur de la paix et la sécurité, notamment en vue du déploiement de la Force conjointe du G5 Sahel qui peut aussi concourir à la création d’un climat propice à la bonne exécution du mandat de la MINUSMA ».

Source : Rapport du Secrétaire général des Nations unies au Conseil de sécurité, S/2017/811, 28 septembre 2017.

Observatoire Boutros-Ghali

  • Chaussée de Louvain 4671030Bruxelles
  • +32 (0)2 241 84 20
  • +32 (0)2 245 19 33

Lettre d'information

Inscrivez-vous à notre liste de diffusion et vous recevrez chaque mois un récapitulatif de l'ensemble des publications et événements de l'Observatoire