Le 2 octobre dernier, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a publié son dernier rapport sur la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Ce rapport, qui doit être publié tous les trois mois, donne plusieurs informations sur l’évolution de la situation politique dans le pays et formule également plusieurs recommandations afin que la MONUSCO réponde le plus efficacement possible aux missions de son mandat...

D’une part, sur le plan politique, le climat d’incertitude semble se renforcer. Actuellement, malgré l’investissement continu de la MONUSCO, les accords du 31 décembre 2016 sont encore au point mort en raison de multiples divergences entre les signataires. Pour des raisons techniques, les élections qui devaient se tenir en décembre 2017, semblent s’éloigner. Les manifestations politiques et les journées « ville morte », principaux outils de mobilisation de l’opposition politique, semblent se multiplier dans plusieurs villes du pays (Kinshasa, Goma, Uvira…).

D’autre part, les conditions de sécurité se sont dégradées dans une large partie de la RDC. Dans l’est du pays, les groupes armés Maï-Maï lancent de plus en plus fréquemment des offensives contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). De plus, les Forces démocratiques alliées (ADF - groupe d’opposition armée d’origine ougandaise replié en RDC depuis le début des années 2000) ne cessent de lancer des attaques contre les positions de l’armée congolaise, mais aussi contre des camps de la MONUSCO. En raison des difficultés de la RDC à contrôler ses frontières, un grand nombre de groupes armés étrangers y prolifèrent. Au niveau de la partie occidentale du pays, des sectes politico-religieuses ont affrontés les forces de l’ordre à Kinshasa, tandis que dans le centre du pays, des milices communautaires ont déstabilisé la région du Kasaï.

Prenant en compte les réductions budgétaires, la MONUSCO a commencé à réformer son dispositif dans le but d’obtenir plus d’efficacité. Sur le plan opérationnel, les ajustements ont mis l’accent sur la souplesse des effectifs présent dans l’est de la RDC pour que le personnel se déploie plus rapidement entre les provinces. Les moyens de la Brigade d’intervention rapide ont été renforcés afin qu’elle soit plus mobile. En outre, la MONUSCO a consolidé sa présence dans les provinces du Kasaï en déployant trois nouvelles compagnies.

Néanmoins, pour répondre aux recommandations de réduction de ses effectifs, 727 Casques bleus ont été rapatrié du Nord-Kivu et 960 autres soldats devraient l’être dans les mois qui arrivent.  Des compagnies de forces spéciales, formées au combat de jungle, remplaceront les troupes rapatriées. Pour faire des économies sur le plan opérationnel, l’appui aérien et l’offre de carburant aux forces de sécurité nationales ont été diminués.

Bien que la MONUSCO tente d’atténuer au maximum les risques de violences liées aux élections, le rapport indique que la mission manque de capacités d’intervention dans les zones urbaines et serait, à l’heure actuelle, incapable d’apaiser les tensions en cas de violence généralisée.

Enfin, la MONUSCO a fait le choix de modifier sa stratégie de protection des civils en assurant la sécurité de ces derniers via une « stratégie de projection ». Le fait d’abandonner la stratégie de « protection par la présence » permet de venir en aide à des populations civiles situées dans des zones plus éloignées des bases de la MONUSCO. Dans ce contexte, les réseaux d’alerte locale ont été renforcés dans les zones délaissées par les FARDC, tandis que les effectifs des compagnies de la Brigade d’intervention ont été augmentés.

Crédit photo : UN Photo/Sylvain Liechti

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