Dans la nuit du 7 au 8 décembre 2017, un camp de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) à Semuliki (Nord-Kivu) a subi une attaque à l’arme lourde attribuée au groupe armé ougandais Forces démocratiques alliées (ADF). Durant les combats qui ont duré trois heures, quinze Casques bleus tanzaniens ont perdu la vie et 53 autres ont été blessés (dont trois se trouvent actuellement dans un état critique).

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a indiqué que c’était « la pire attaque qu’ait connue l’Organisation dans son histoire récente » et que des renforts allaient être déployés dans la zone. La dernière attaque au bilan aussi lourd remontait à juin 1993, où 25 Casques bleus avaient perdu la vie dans un attentat à Mogadiscio (Somalie).

Malgré les lourdes pertes, l’armée tanzanienne a indiqué que ses soldats déployés dans le cadre de la MONUSCO n’étaient pas « découragés » et qu’ils poursuivraient leurs opérations dans l’est de la RDC.

Le groupe ougandais ADF, replié depuis 1995 dans les forêts congolaises du Nord-Kivu, combat officiellement le président ougandais Yoweri Museveni. Déjà, en octobre 2017, des membres de cette faction armée avait lancé une attaque contre un camp de la MONUSCO qui avait fait trois morts.

Pour Thierry Vircoulon, chercheur à l’International Crisis group, si l’identité des assaillants (qui sont souvent trop hâtivement rangés sous l’étiquette de l’ADF) et les motivations de l’attaque restent encore vagues (une enquête onusienne se rendra sur le terrain le 14 décembre), il est clair que les Casques bleus « ne font plus peur » aux différentes milices de la région.

La MONUSCO et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont actuellement en train de coordonner une réponse conjointe, pour que, selon le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC, Maman Sidikou, « les auteurs de l’attaque soient traduits en justice et répondent de leurs actes ignobles ». Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a en outre déclaré que les Nations unies intensifieraient les opérations visant à combattre les factions armées qui prolifèrent dans le Nord-Kivu.

Sources :

Observatoire Boutros-Ghali

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